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QU’EST
DEVENU L’ANIMAL EN
NOUS?
traduit par
Monique
Benoit-Kwan
Bonjour mes
amis-es! Miaou pour ceux et celles qui comprennent ma langue-de-chat(blague
entre félins des villes)
J'ai
l'âge honorable de dix-sept ans et demie. En âge humain
,je suis presque centenaire. Vous me devez donc le respect, ne
serais-ce qu'à cause de mon grand âge et de mon
expérience.Mais,le respect se perd et plusieurs de mes
compatriotes sont très maltraités comme vous le savez
sans doute. J'en parlerai dans une chronique ultérieure .
Vous pourrez me lire à chaque miou,heu pardon! mois. Ma
langue a fourché.
Aujourd'hui,je
voudrais vous parler un peu de ma vie chez mes maîtres et sur
la planète terre. Je veux aussi avoir un peu de temps pour
vous entretenir d'un essai hyper génial que ma
maîtresse m'a lu l'autre jour et qui s'intitule:«Que
devient l'animal en nous?»
Ma vie sur la
planète a commencée plutôt mal. Je suis
née je ne sais plus très bien où mais c’était
quelque part dans la ville de Montréal. Je me souviens
d'avoir eu peur souvent. Mais mon frère et moi nous
réchauffions dans nos fourrures respectives. Je suis une
chatte de couleur calico ou «écaille de tortue».
Ceux qui savent(les connaisseurs de la race féline),nous
recherchent pour notre grande intelligence,notre instinct de
chasseurs extrêmement développé et notre
souplesse d'adaptation aux humains. Nous sommes si attachés
à notre maître que notre reconnaissance mutuelle tourne
en un grand amour indéfectible(je vous incite fortement
à chercher dans un dictionnaire Robert,Larousse ou un
dictionnaire français-chinois afin de comprendre les nombreux
mots et termes savants et intellectuels que j'utiliserai tout au
long de mes écrits célèbres_soit cette
chronique dans le Barde)
Mais me
voilà à la S.P.C.A.(Société protectrice
des animaux),sur Jean-Talon et Décarie. Avec mon
frère,nous formons une pelote de fourrure
indifférenciée(Yin-Yang).Mais voilà que des
mains nous séparent!Un couple me prend,me regarde à
hauteur des yeux, ce qui veut dire environ 5 pieds et 6 pouces de
haut.Ils sont en extase bien entendu!Mon frère,qui n'a pas de
nom,est à la même hauteur devant deux autres paires
d'yeux. Puis,ils font un échange. Quel drôle de jeu! Et
on me cajole,on me met dans une petite cage après avoir
signé des papiers et donné de l'argent. C'est
l'adoption nationale. Je pars pour un long trajet en autobus
où l'on me baptise de ce nom chinois(je vous en expliquerai
le sens la prochaine fois). Je ne savais pas que cette tradition
s'effectuait à bord des autobus mais avec les humains,j'ai
appris à ne m'étonner de rien...
Je suis
heureuse depuis. Ils me traitent comme une reine. J'ai mon propre
coussin-lit bleu nuit sur-élevé sur un tatami. J'ai
mes bols personnels et je mange leur nourriture en plus,surtout
quand ce sont des bonnes choses parfaitement adaptées aux
félins. Je pèse entre 6 et 8 livres. Excusez ma
lenteur à me convertir au système métrique!
J'ai plutôt la bosse des lettres,comme ma maîtresse qui
a publié de la poésie. Je les aime mes
maîtres(ici je ronronne).Et ils m'aiment tellement que je me
sens presque coupable pour ceux et celles ,autres poilus,qui sont
maltraités,torturés,ignorés,seuls et malheureux
à fendre l'âme.
Ma
maîtresse me lisait l'autre jour un essai qu'elle a
conservé d'un magazine Québécois(Guide
-Ressource,1998)et dont le titre est:«Que devient l'animal en
nous?»de Stéphane Gromann.Oh,ce n’est pas parce qu’elle
recommande la lecture de ce magazine en particulier car il y a
là-dedans des choses «à prendre et à
laisser» comme elle le dit si bien;mais c’est à cause
de cet article. La première phrase était:«Que
cherche l'homme au contact de la bête?»On dit que les
sentiments humains déclenchés par le chat
révèlent votre «peur de l'inconnu et
l'incontrôlabilité de vos instincts». On nous
soupçonne d'être maléfiques, méprisants
ou fourbes ,juste à cause de notre tempérament
indépendant.
Ma
maîtresse qui étudie aussi la psychologie humaine a
percé ma soit-disant indépendance. Elle sait que je
fais semblant de m'intéresser à autre chose afin de
créer une diversion et ne pas montrer ma très grande
dépendance envers mes maîtres(au niveau affectif par
expemple,je ne peux pas manger sans avoir quêté de
l'affection.Cela est un moteur de mon goût de vivre et de me
laver,de m'occuper de moi-même)Cet article
révèle aussi que nous ne jugeons pas les humains. Nous
ignorons la honte et les scrupules. Nous sommes incapables de mentir
et de manipuler.
Mais je vois
que la porte est ouverte!Je dois vous quitter car je m'en vais faire
«ma tournée américaine»(terme
emprunté à un film de Jacques Tati que je vous
recommande d'aller louer à La Boîte Noire sur St-Denis
et dont le titre est«Que la fête commence»).J'ai
des ennemis à surveiller et je dois refaire mon territoire
plusieurs fois par jour. Je continuerai ce sujet passionnant le mois
prochain.
Miaou!Miaou!Miaou!
Mon histoire est finie.
Je vous
envoie des câlins et des ronrons jusqu'au prochain
épisode.
La chasse
m'appelle!
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